Le gout de Milène Giusti pour la peinture remonte à ses premières années d’école secondaire. Elle trouve en effet chez son professeur d’arts plastiques, d’origine hongroise, un enseignement libre et audacieux. C’est là qu’elle reçoit la révélation de la couleur et l’incitation à s’y délecter sans retenue. Parallèlement, de fréquents séjours sur la côte méditerranéenne, berceau de sa famille, lui ont rendu familières les œuvres de Picasso, de Matisse, de Nicolas de Staël, de Fernand Léger ou celles d’artistes présentés à la Fondation Maeght. Sa formation s’est donc faite dans un rapport direct avec la grande peinture.

 

Mais ce sont les six années consécutives passées en Inde du Sud qui vont décider de sa vocation et lui donner le loisir d’approfondir son art. Naissent alors des peintures sur papier faisant écho aux architectures indiennes et aux écritures tamoules qui les ornent. S’ensuit une série sur les jardins, ceux luxuriants du Kerala par exemple, inondés de lumière.

 

Certains travaux de l’artiste sont directement inspirés des textiles indiens, aux motifs complexes et aux tons enjoués. Milène Giusti passe désormais deux mois par an à sillonner l’Inde pour y trouver des étoffes dont elle fait commerce. Chacun de ses séjours l’amène à approfondir la connaissance des techniques de tissage ou d’impression sur étoffe. Dans les ateliers, elle observe les métiers, les motifs des tampons de bois, elle scrute les gestes des artisans qui donnent corps à ces textiles. Les techniques sont parfois d’une extrême complexité et ceux qui les maitrisent des détenteurs de savoir-faire précieux qui leur ont été enseignés par leurs pères.

L’invention de coloris inouïs et la juxtaposition de tons inattendus donnent des associations inconnues et même impensables dans nos cultures européennes, depuis si longtemps réduites à n’utiliser qu’une palette de couleurs sages et de « bon gout ». La liberté, l’inventivité des coloristes indiens, ce sont toutes ces caractéristiques qui fascinent Milène Giusti et l’autorisent à user de même des coloris. Non point qu’elle cherche à les imiter, mais seulement à restituer la richesse et l’audace des teintes utilisées dans ces étoffes. En résulte une joyeuseté, une gaité, une allégresse, bref, une onde de vie qui n’échappe pas aux contemplateurs de ses œuvres.

 

Diverses couches composent la surface picturale, mais chacune ne reçoit pas le même traitement. Si elles peuvent toutes prétendre à une fluidité, certaines sont souvent fortement attaquées de façon irrégulière et aléatoire par des grattages, des estompages, des apports d’eau. Si bien que la peinture finale joue de ces surfaces qui s’interpénètrent, là affleurant à la périphérie, ailleurs fuyant vers les profondeurs du papier. De ce tohubohu résulte un espace dynamique où parfois le chatoiement des touches fait réellement croire à un tissu peint.

 

De ces palimpsestes colorés, Milène Giusti possède toute la maitrise. Elle pourrait reprendre à son compte la phrase de Matisse « je travaille sans théorie, j’ai seulement conscience des forces que j’emploie ».

 

Roseline Wiedemann



BIOGRAPHIE :

Milène Giusti est née en Provence en 1956.

Elle a commencé sa formation artistique aux beaux-arts de Digne-les-Bains.

Installée dans le sud de la France, elle a mené de front, pendant plus de douze ans, la direction marketing d’une entreprise de support publicitaire et la création personnelle d’objets dans le domaine du luminaire notamment (petites séries et pièces uniques). De 1995 à 2002, elle s’est installée à Pondichéry (Inde du Sud) pour se consacrer uniquement à la peinture.

Elle partage désormais son temps entre l’Inde et les Hautes-Pyrénées.

En juillet 2006, elle a, en effet, ouvert son propre atelier de peinture à Bagnères-de-Bigorre, ville thermale pleine de charme.

 

De nombreuses toiles sont entrées dans des collections privées.

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES :

1984 et 1985 : Salon des artisans d’art, Nîmes. (30000 Gard)

1985 : Festival International de peinture du Château de Cagnes-sur-Mer (06800 Alpes-Maritimes).

1985 : Salon OB’ART, Paris (75000 Seine).

1985 : Art Venir, Aix-en-Provence (13 100 Bouches du Rhône)

2002 : Milène Giusti et Pierre Vallauri, Jouques (Aix-en-Provence) (13 490 Bouches du Rhône)

2003 : Afrique Noire, Montfort en Chalosse (40380 Landes).

2008 : Le jardin intérieur, Atelier MG, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

2011 : Galerie « Chrystall Chämeleon », Castelnau-Magnoac (65230 Hautes-Pyrénées)

2015 : A l’En-Vert, les artistes, Atelier-Galerie l’Endroit, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

2016 : Phaart, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

2016 : Aquedo, l’eau en fête, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

2016 : Atelier 20, Galerie E. Hirsch, Tarbes (65000 Hautes-Pyrénées)

2017 : Phaart, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES :

1980 : Lumières, Atelier éphémère RG, Nice (06000 Alpes-Maritimes).

2000 : Architecture de la Terre, Auroville, Tamil Nadu (Inde du Sud).

2001 : Inspiration Indienne, Genève (Suisse)

2003 : Voyage dans l’Inde du Sud, Total, Pau (64000 Pyrénées Atlantiques).

2003 : L’Inde Écrite, M. et Z. dans la Médina à Coarraze (64800 Pyrénées Atlantiques).

2005 : L’Inde Écrite, galerie Courants d’Air à Aix-en-Provence (13 100 Bouches du Rhône)

2006 : Au creux de l’image, Bagnères-de-Bigorre (65200 Hautes-Pyrénées)

2006 : Petits Jardins, galerie Va Bene à La Romieu (32480 Gers).

2006 : L’Inde écrite, Baurech (33880 Gironde)

2007 : Château Clos Haut-Peyraguey, Sauternais (33210 Gironde)

2008 : India, Bordeaux (33000 Gironde)

2008 : Peintures pyrénéennes, Musée Larrey, Beaudéan (65710 Hautes-Pyrénées)

2009 : Médiathèque de Pessac (33600 Gironde)

2010 : Textures tissées, Bordeaux (33000 Gironde)

2011 : Textures textiles, Château de Crouseilles (64350 Pyrénées atlantiques)

2017 : À bas bruit, Médiathèque de Marmande (47200 Lot-et-Garonne)